cv

Ce que j’appelle le Binge Positioning, c’est cette pratique qui consiste à envoyer des candidatures tout azimut à des centaines de recruteurs.

On vous a dit que c’était nécessaire, qu’il fallait que tous les recruteurs du coin aient votre CV ?  Ce sont des conneries, ça ne marche pas, arrêtez tout de suite !

On pourrait croire qu’en multipliant ses candidatures on multiplie ses chances d’obtenir un boulot, mais la réalité est qu’on multiplie uniquement l’absence de réponse des recruteurs.

Une candidature, ça se prépare. Je vous ai déjà parlé du CV, de la lettre de motivation et rien qu’avec ces deux-là, on a déjà quelques heures de travail.

Le Binge Positioning revient à faire de la quantité au détriment de la qualité.

Vous avez peut-être déjà été soumis à des stratégies privilégiant la quantité et êtes sans doute arrivé à ce constat :

C’est fatigant, démotivant et personne n’est jamais satisfait du résultat.

Le vite fait bien fait n’existe pas plus dans la recherche d’emploi qu’ailleurs.

Bien que la recherche d'emploi soit souvent vécue comme une situation d'urgence, il faut prendre le temps.

De bien définir son projet professionnel d'abord et de cibler les entreprises qui vous permettront de le concrétiser ensuite.

Se positionner sur une centaine d’offres qui ne vous intéressent pas réellement, juste parce qu'après tout, il faut bien travailler pour bouffer et payer son loyer, ne sera pas une stratégie efficace.

Premièrement parce que vous aurez du mal à suivre vos candidatures, vous vous embrouillerez dans vos relances, et vous passerez à côté d’informations et étapes importantes.

Deuxièmement, comme en amour, courir plusieurs lièvres à la fois est le meilleur moyen de finir seul(e). L’employeur souhaite une relation exclusive. Il veut sentir que c’est avec lui et personne d’autre que vous souhaitez travailler. Pas tant parce que ça lui donne de l’importance et qu’il aime bien qu’on lui passe la brosse à reluire, mais parce que c’est le gage d’un engagement à toutes épreuves de la part d’un futur collaborateur.

Concentrez-vous donc sur un métier, ou un secteur d’activité, mais surtout ne vous éparpillez pas.

Déterminez précisément le cadre dans lequel vous acceptez de travailler, les missions que vous êtes capable et que vous avez envie de relever, c’est la base de votre recherche d’emploi.

Recensez ensuite les entreprises, structures, associations… Qui répondent à ces besoins. Vous pouvez, dans cette optique, consulter le kompass, les pages jaunes, demander des renseignements auprès des CCI et CMA, votre réseau… Encore une fois, privilégiez une liste courte et succincte, rien ne sert d’arracher 15 pages du kompass, une liste d’une dizaine d’entreprises est plus que suffisante.

Ne négligez pas l’offre ! Même si le marché du travail ouvert (c’est-à-dire les offres diffusées) ne représenterait que 25% des recrutements selon les estimations, c’est une base de travail non négligeable qui a l’avantage de mettre en avant des besoins clairement formulés bien que la concurrence y soit bien plus rude. Abonnez-vous aux offres sur les sites de Pôle emploi, de l’APEC, indeed, jobi joba… consultez les et sélectionnez celles qui correspondent aux critères que vous avez-vous-même établis. Une ou deux par semaine devrait suffire.

A chaque fois que vous débutez une démarche de candidature, commencez par apprendre à qui vous vous adressez. Internet vous facilitera cette démarche, néanmoins, si cela est possible, favorisez une visite physique. Allez à la rencontre de l’entreprise. Il sera difficile, voire impossible de rencontrer le recruteur, mais vous pourrez aisément discuter avec ses collaborateurs, peut être vos futurs collègues. Présentez-vous et n’ayez pas peur d’expliquer l’objet de votre visite. Récoltez des informations ! Récoltez des informations ! Récoltez des informations ! (Oui ben c’est important alors j’insiste) qui est le recruteur ? Est-ce une femme ou bien un homme ? Quelle est la politique de l’entreprise ? Quand l’entreprise a-t-elle été fondée ? Quelles sont ses valeurs ? … Vous pouvez enrichir ce questionnement de tout ce qui vous semble important et pertinent. Pour vous déjà, car cela confirmera ou infirmera votre désir de vous positionner sur un poste dans cette entreprise mais surtout pour la prochaine étape. Faites en sorte que l’échange soit cordial, agréable, détendu. Vous devez laisser un souvenir sympathique à votre interlocuteur, c’est important pour la suite.

Vous avez sans doute remarqué que je ne vous ai pas parlé de laisser un quelconque CV et/ou lettre de motivation. C’est normal puisque c’est uniquement en rentrant chez vous que vous vous y affairerez. Vous avez récolté des informations (au moins trois fois) qui sont essentielles à la rédaction de ces outils. Vous savez à qui vous vous adressez et ce qu’il attend de ses collaborateurs. Mettez-le en avant aussi bien dans votre CV que votre lettre.

Vos outils sont prêts, vous vous demandez comment les transmettre au recruteur. Encore une fois, si cela est possible, allez les déposer en personne. SI vous avez bien fait votre taff à l’étape précédente, on vous reconnaîtra et vous n’aurez pas à vous inquiéter de savoir si oui ou non votre candidature sera bien transmise au recruteur. Ce sera l’occasion de discuter à nouveau avec des personnes dans l’entreprise, peut-être même le recruteur. Cherchez à vous incruster en douceur, faites-vous admettre, de la manière la plus insidieuse possible, comme la prochaine recrue.

Si vous avez le moindre doute sur le sort qui aura été réservé à votre candidature, n’hésitez pas à la doubler par un autre canal, courrier ou mail.

Maintenant armez-vous de patience. Vous attendrez deux trois jours avant d’appeler le recruteur (ou de le contacter par mail) juste pour vous assurer qu’il a bien reçu votre candidature. Il la recherchera dans sa pile de CV et la survolera rapidement avant de la reposer sur le dessus de la pile.

Attendez ensuite une semaine à dix jours pour relancer (si c’est nécessaire), vous ne devez bien évidemment pas harceler le recruteur, juste lui montrer que vous avez envie de travailler sous sa coupe.

Bien entendu, si vous avez fait une candidature spontanée, l’entreprise n’a peut-être pas de besoins immédiats. N’hésitez pas à y retourner ou à la relancer régulièrement pour vous informer de l’évolution de ces besoins, mais ne semblez jamais pressé. Un candidat aux abois est un candidat qui a potentiellement été refoulé par tout le monde et qui se rabat sur du second choix. Un candidat serein, détendu est un candidat qui a envie de travailler avec vous.

Cette stratégie s’avèrera nécessairement payante, MAIS PAS FORCEMENT DU PREMIER COUP. Elle nécessite un certain skill que vous atteindrez à mesure que vous vous exercerez.

Il sera alors temps de réfléchir à l’entretien d’embauche que j’aborderais dans un prochain billet.